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Samedi 3 juin 2006
J'ai beau me creser la tête pour trouver ce qui ne va pas, ce qui me manque, je n'arrive pa à trouver. J'ai ue maison, un jardin, de quoi manger,... J'ai un chéri et une belle petite poupée en bonne santé qui grandit bien et je n'arrive pas à me sentir épanouie. Et cette question récurrente: "Mai qu'est ce qu'il te manque?". Je sais que je n'envie pas la célébrité ni la fortune. Il apparait dans les conversation avec Roudoudou que je ne suis pas stidfaire de notre relation. Je lui ai demandé de passer moins de temps devant ses jeux pour que nous puissions partager plus, mais maintenant la question qui se pose est "partager quoi?" Un peu restreints au niveau financier, nous ne pouvons pas aller boire u café, aller au cinéma ou faire d'autres sorties onéreuses. Alors on rete ensemble à pas savoir quoi faire de nos deux peaux. Je crois que je suis encore plus désagréable avec lui depuis qu'il fait l'effort de rester un peu avec moi car ça me rend triste de constater que nous n'avons rien à nous dire ni aucun gout en commun. Je pense qu'aucun de nous deux travaille n'aide pas notre couple. Nous ne pouvons même pas nous raconter nos journées puisque nous les passons ensemble. Qu'il me tarde d'voir une réponse de la COTOREP, en espérant qu'is oudront bien me faire suivre ma formation
Mercredi 17 mai 2006
Isabelle,
Je suis fière que tu sois ma soeur, je pense que tu es quelqu'un d'exceptionel. Je suis heureuse de te parler souvent (même si c'est surtout par téléphone) car à chaque fois je trouve un moment d'apaisement même si les conversations ne sont pas forcément gaies. Je suis contente d'être à nouveau dans un rôle "normal" de grande soeur. Je sais que des fois c'est toi ma grande soeur mais ça ne me dérange pas. A un moment de notre vie, j'étais ta petite soeur à temps plein (épuisant pour toi) et j'avais un peu honte. Aujourd'hui je ressent notre fratrie comme équilibrée, enrichissante. Bref,... Tu es la nana la plus comme j'aime les gens, un tout gentil, intelligent, avec une joie de vivre,...
J'aime beaucoup rire avec toi, ça me fait du bien. Avec toi je me sens plsu "libre". Je sais que tu m'aimes, que tu m'acceptes et que je peux tout te dire. Je sais que des fois je suis stressante ou que je me fache pour rien, mais une fois que nous nous sommes "expliquées", notre relation retrouve son cours normal; voilà pourquoi j'arrive à tout te dire plus facilement.

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Lundi 15 mai 2006
Je n'ai dormi que 5h la nuit dernière et ça se ressent sur mon humeur. Ce soir je me suis couchée à 21h, endormie à 22h, mais un con qui s'étoufait dans la rue m'a réveillée, avec un mal de tronche, je vous dit pas. Bref, je me suis levée pour boire un coup, j'ai fumé une clope, suis passée par la case wc et suis repartie au pieux.
Bon faut aussi que je vous explique que je me suis payée 2 super angoisses en 4 jours. Quand je dis angoisse, c'est le truc que tu n'expliques pas, qui te serre la gorge, te fait trembler les jambes et t'empêche de réfléchir. T'as qu'une envie, te poser chez toi pour souffler un bon coup, mais tu ne sais pas comment rentrer chez toi tellement tu es paralysé. Bon je ferme la parenthèse, c'était juste pour resituer le contexte.
Je me suis donc recouchée dans l'espoir de tomber direct dans les bras de morphé; que nenni. Une masse de souvenirs m'ont assaillie. L'hopital psychiatrique de toulouse. Les rencontres. Des noms: Jean-Marie, mon infirmier adoré, Nath (patiente perdu de vue), Julian (patient perdu de vue), Franck (devenu un ami), Mme R., ma psy,... Une athmosphère aussi: rien à faire à part prendre les médicaments, passer la journée dans le fumoir à essayer de parler avec les autres malades, l'ascenceur, la machine à café, l'ascenceur, le couloir,.... Me revient aussi cette habitude que j'avais prise d'y être. En fin de compte c'était devenu un peu comme chez moi (mon hospi la plus longue san interruption fut de 9 mois). Le week end généralement, je le passait chez ma soeur (en perm' comme ils disaient). Presque 3 années dans cet hosto!! Quand j'y pense, il n'en ressort pas grand chose. Je trouvait bien qu'il y ait un atelier d'ergothérapie, ça occupait (à Montauban, ce n'était pas installé, c'était la misère, vraiment pour soigner la dépression, tourner en rond y'a pas mieux). Je me souvient qu'un interne à l'époque m'avait dit que mon malaise venait de ma mère et j'avais eu envie de lui casser la gueule pour ce blasphème! A l'époque la vérité m'aveuglait, je préférait mes illusions. J'ai pris conscience du problème avec ma mère (voir l'article) l'année dernière seulement, les faits que j'évoque datent de 2000. Tout ça s'emèle dans ma tête dans un tourbillon de pensées alors que j'essaie de dormir. Ca promet, je vais être encore dans le gaz demain.
Bon en même temps tout ça n'est pas très grave, je me sens relativement bien en ce moment à part ces angoisses que je ne comprends pas
Jeudi 6 avril 2006

Je me décide à reprendre un stylo pour laisser une trace de ce qui me passe par la tête, me tracasse ou me hante. Je me demande si j’arriverai à être régulière et à poser les choses. C’est un problème : je me lasse. De tout. Du moins des activités. Je ne me lasserai jamais de petite Ambre, mon trésor, ce petit bout de vie qui me donne le courage de me lever le matin et de faire toutes ces conneries qui me saoulent (le ménage surtout). Je pense à quand elle sera plus grande et je me demande si un jour elle me détestera comme j’en veux à ma mère. Aucune mère n’est parfaite, sont-elles toutes traumatisantes ? La vie est si dure que je voudrais être toujours une source de douceur et d’apaisement pour Ambre, qu’elle ose se confier sans avoir peur ni honte, que je puisse soulager ses peines,…

Je pense à tellement de choses qui pourraient lui arriver comme la mort subite du nourrisson, ou « pire » (plus difficile à vivre pour elle) : un pédophile, un salopard qui joue avec ses sentiments, le SIDA ou un cancer, la drogue,…

Je me dis que toutes les vies sont remplies de douleurs et qu’elle n’y échappera pas malgré tout l’Amour que je pourrai lui donner alors si en plus je l’aime « mal ». J’ai tellement désiré être maman, je suis très heureuse d’avoir ma fille mais me reprochera-t-elle un jour de l’avoir mise au monde comme je l’ai fait avec ma mère ? Je ne fais que transposer ma vie sur la sienne, je n’ai connu pratiquement que la tristesse avant elle alors je crois que c’est pareil pour tout le monde, et que donc ça sera comme ça pour elle, fatalité !!

Toutes ces pensées restent dans un coin de mon cerveau quand je suis avec elle. Je ne veux pas qu’elle ressente mes angoisses et de toute façon, sa présence, ses sourires, ses cris,… me les font oublier sur le moment.

 Ma fille est un trésor. Même dans mes rêves les plus fous je n’aurais pas imaginé un bébé si gentil et si agréable à vivre. Elle est tellement souriante et calme ! En même temps elle sait me laisser du temps lorsque je suis à la cuisine par exemple.

L’autre jour je me demandais comment je ferais si j’avais un autre bébé vu qu’elle m’a habituée au meilleur ! Ma mère m’expliquait que la rancœur qu’elle éprouvait envers ma sœur était arrivée très tôt car c’était un bébé moins facile que moi. Bon je sais, je prends toujours les mêmes références mais je n’en ai pas d’autres. D’ailleurs je flippe de devenir comme ma mère, possessive, vicieuse, manipulatrice et méchante. C’est entre autre pour ça que je tiens absolument à faire une psychothérapie. J’ai un peu honte d’avoir été si proche d’elle et si aveugle

Mardi 7 février 2006
J'en ai ras le bol. Je suis crevé, je suis déprimée, mes nerfs lachent et je dois tout garder à l'intérieur. Je pense en ce moment à l'époque où j'étais à l'hopital psy, cachetonnée à mort, où je me croyais déprimée mais où ces cachets que j'ai tant maudits camouflaient le malaise. Ce temps là où je n'étais reponsable de rien même pas de moi même, où je pouvais déconner sans que ça "n'affecte personne". Je pouvais me taillader les braas librement et même si par la suite j'étais hospitalisée, ma présence n'était indispensable à personne et au moins j'arrivais à me soulager. J'exprimais ma rage, ma colère, ma haine de moi même et mes angoisses ainsi.
J'apprends à faire sans et ma foie heureusement puisqu'il y a Ambre. Mais e pensais trouver une alternative, la parole. Le problème, c'est que d'une part, les mots blessent, sont mal interpréés, sous ou sur évalués,.... et d'autres part que si on arrive à comprendre que je suis mal, les gens s'inquiètent mais ne cherchent pas à améliorer l'état de mon psyché (ou alors si c'est le cas, je ne m'en rend pas compte). Eux inquiets, je suis encore plus angoissée d'avoir provoqué un état anxieux chez l'autre et blazée qu'on ne sache pas quoi faire pour m'aider. Pourtant il me semble l'avoir déjà expliqué, mais bon, je dois parler une autre langue (extraterrestre)!
Bref, résultat, faut que je ferme ma gueule. D'où cette "vision nocturne" qui vient m'agresser souvent le soir de moi  en train de  prendre un pied pas possible à me couper les veines. Juste pour mourir un peu et laisser s'échapper les choses qui me rongent à l'intérieur et qui font de ma tête une vraie bouilloire.

J'avais continué ce texte, mais la suite est un peu dure pour mes proches donc je la garde pour moi, en tout cas pour l'instant. Je précise aussi que c'est pas tout les jours  comme ça mais il ya eu notre Lola qui a eu un accident (je raconte ici et ), on vit chez mes beaux parents depuis plus d'un moi et ça devient pesant, on des problèmes de fric,...Oui c'est des problèmes normaux que tout le monde connait mais ça me saoule
Jeudi 26 janvier 2006

Voilà  un de mes traits de caractère prédominant; j'ai envie de faire plein de choses mais je ne fais jamais rien. Le soir quand je me couche, je pense à  ce que je vais faire le lendemain, les idées fusent et il m'est du coup impossible de m'endormir. Je pense depuis plus d'un mois à  faire un portrait d'Ambre, je veux me mettre au scrapbooking, je me dis "demain je sors me balader avec la puce",... enfin j'ai tout un programme pour le lendemain. Alors le lendemain déjà  je suis cassée car j'ai dormi que quelques heures à  force de faire tous mes plans dans ma tête, et puis je me colle devant le pc, je traine en espérant trouver des réponses sur le forum (j'actualise la page toutes les 5 minutes) et s'il n'y en a pas je vais chercher mes e-cop' sur msn histoire de leur laisser le temps de répondre sur ledit forum(lol).

Arrive l'heure de préparer la bouffe (pour 3 à  midi, pour 6 le soir vu qu'on "vit" actuellement chez mes beaux parents), de m'occuper un peu d'Ambre quand même (mère indigne que je suis), pus je fais des lessives ou autre connerie et retraîne "un peu" sur le pc, attendant toujours désespérément un contact humain.
A vrai dire je me fais chier je crois. Et pourtant voyez aujourd'hui j'ai préparé des meringues (qui ont cuit 4 heures :( ), fait 3 lessives, donné 4 biberons, suis allée à  ma séance de Kiné, cuisiné un poulet yassa... et dans cette liste, il n’y rien de ce que j’avais prévu hier soir.

C’est comme cette p… de clope et le nouvel exercice que je n’arrive pas à faire ça me saoule.

Pour revenir au sujet, en fait, il faut que je fasse le soir les idées que j’ai pour le lendemain pour éviter de me tourner et me retourner sans cesse dans mon pieux, faisant défiler dans ma tête le film de la journée du lendemain. Le problème c’est qu’à cette heure ci je suis ko et que donc je fais les choses deux fois moins vite et deux fois moins bien. Bref, là je vais taper des articles qui me trottent dans la tête et donc me coucher à une heure pas possible pour recommencer demain une journée à la con, la tête dans le cul.

En plus à noter qu’en ce moment j’ai envie de faire de la peinture sur verre, des colliers avec des belles perles séparées de perles à écraser, du collage photo et que tout ça demande du fric que je n’ai pas. Moi j’ai plein de matos de dessin mais comme je suis pas la moitié d’une emmerdeuse, c’est pas ça que j’ai envie de faire.

Bon sur ce je vais rédiger les autres articles (d’abord sur Word (car OB vient de me flinguer seulement 4 fois celui-ci avec son nouveau super système de sauvegarde) pour enfin pouvoir dormir en paix, ou presque

Mercredi 11 janvier 2006

J’ai eu beaucoup de mal à admettre que des gens pouvaient être méchant par plaisir, ou adopter la méchanceté comme « philosophie de vie ». Plus je sortais de ma torpeur, plus je me rendais compte que ma mère fait partie de cette catégorie ; une prise de conscience douloureuse.

Toute mon enfance et mon adolescence, j’ai considéré ma mère comme l’être suprême…

En 2004, j’ai complètement dégoupillé et je me scarifiais les bras tant que je pouvais, alors ma mère a décidé de venir chez moi pour me venir en aide ; c’est à cette époque qu’elle m’a fait hospitaliser de force (et là ce n’est pas un point que je désapprouve !). Ayant quitté le domicile conjugal, mon père a profité de cette occasion pour se défaire de l’emprise de cette femme en lui demandant de ne pas revenir à la maison ; elle est donc restée chez moi-même après ma sortie de l’hôpital.

Elle s’occupait de tout chez moi : lessive, bouffe, un peu de ménage (pas trop, ça n’a jamais été son truc)… Ca a duré comme ça de Janvier jusqu’à Aout. J’ai rencontré mon chéri en Aout et il est venu s’installer à l’appart. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est à ce moment là que mes yeux se sont ouverts et que je me suis rendue compte du manège de ma mère. Dés que l’occasion se présentait, elle me diminuait, me parlait mal, me tournait en dérision… et tout était mis sur le compte de mes « incapacités » et/ou de l’humour ! Elle se valorisait en me descendant en flèche. Alors j’ai fini par lui demander de quitter mon appartement. L’élément déclenchant de cette décision est bizarre ; en fait elle s’est mise en couple avec la personne que je fréquentais avant chéri actuel. Je ne comprends pas pourquoi c’est ça qui m’a permis d’avoir le courage, je sais seulement que son acte ma renvoyé cette image « tu vois je suis aussi bien que toi sinon mieux malgré nos 27 ans d’écart ».

Ma décision a été très pénible à prendre et cela a entraîné une autre hospitalisation, mais en fin de compte, quel soulagement,…

Quelques mois plus tard, mon amoureux et moi avons quitté cette ville, j’ai réappris à vivre, je reprenais conscience des choses peu à peu… Ma grossesse a entrainé beaucoup de réflexions sur ma mère ; mes bons rapports avec ma sœur également. Nous évoquions ensemble le fait que notre mère boive, les fois (rares mais présentes) où, complètement ivre, elle s’est acharnée sur moi, la colère qu’elle éprouvait contre ma sœur et mon père,… et ma non réaction face à toutes cette rancœur et violence, au contraire… Je suis toujours allée dans son sens. Il ne fallait pas que je parle à ma sœur ou mon père car ils « étaient méchants ou bêtes », il fallait que je la défende contre eux,… J’ai été manipulée pendant 25 ans, je n’ai pas apprécié mon père et je lui en voulais quand il me disait que ma mère était alcoolique… J’ai l’impression d’avoir eu des œillères très très longtemps, et la prise de conscience a été dure. J’ai causé tellement de peine, j’ai rejeté ma sœur parce que ma mère voulait que je la rejette, j’acquiesçais quand ma mère me disait que ma sœur était stupide (et elle ne l’est pas, elle a son caractère c’est tout).

Alors certes c’est bien de prendre conscience de tout ça mais mes erreurs sont dures à récupérer (surtout avec mon père) ; par ailleurs, il m’est aujourd’hui de dire à ma mère ce que je pense (tu me fais chier) ou de lui dire non. J’ai réussi récemment à m’opposer à elle : nous devions nous voir avec Ambre mais chéri et moi ne voulions pas aller chez elle car elle fume comme un pompier, ses murs sont imprégnés de tabac ; nous ne fumons pas chez nous, ce n’est pas pour exposer Ambre à la fumée des autres. Nous avons donc proposé à ma mère de nous rencontrer dans une cafet’ non fumeur (refus), chez ma belle famille (refus) ; elle proposait d’aérer chez elle, de laisser ma fille dans la chambre et que nous nous discutions (et fumions) dans le salon. Je n’ai pas voulu et elle m’a répondu « mais tu vas pas devenir conne, t’as qu’à lui mettre un masque pour sortir tant que tu y es ; de toute façon tu as fumé pendant ta grossesse, c’est n’importe quoi ce que tu racontes,… ». Morale de l’histoire, nous ne nous sommes pas vues et en réponse elle a invité » ma sœur et sa fille chez elle (première fois depuis qu’elle vit seule dans son appart, c'est-à-dire un an et demi). Voilà le style de ma mère, c’est pas pour faire plaisir à ma frangine, c’est pour faire chier. Peu importe, dans cette histoire, je protège ma fille et j’ai su rester ferme (évidemment ça m’a foutu un mal de bide pas possible). Bref, je pourrais écrire des pages sur ma mère avec des mots tels que terrorisante, bornée, chiante, manipulatrice, mais je crois que vous avez compris alors je m’arrête là.

Vendredi 28 octobre 2005

Aujourd’hui j’ai 26 ans, je suis un peu dégoûtée… Je me rapproche de la trentaine et j’ai du mal à y croire ! Enfin, je ne sais pas qu’il n’y a pas mort d’homme mais j’ai encore l’impression d’avoir 18 ans.

En fait j’encaisse mal sûrement parce que depuis mon vingtième anniversaire, je n’en ai passé qu’un (mes 23 ans) en liberté, enfin pas en hôpital psychiatrique, alors forcément ça fait quand même quelques années de perdues dans la torpeur médicamenteuse où je n’ai pas vu défiler le temps, où je n’ai pas vraiment profité de ma jeunesse.

Mais bon, je ne vais pas me plaindre trop longtemps, aujourd’hui c’est fête, et je vis bien, avec mon chéri qui m’a pourrie gâtée et qui est en train de me préparer une soirée crêpes.

J’ai 26 ans, dans quelques jours j’aurai mon bébé dans les bras alors à quoi ça sert que je regarde le temps que j’ai perdu ; et si à 26 ans je décidais enfin de regarder devant…

 

Vendredi 28 octobre 2005

Je me décide enfin à écrire quelque chose sur l’homme qui partage ma vie. Alors voilà, c’est marrant, on s’est rencontrés à l’hôpital psy en 2003. On avait déjà fait deux tentatives avant de se « caser » pour de bon. A vrai dire, on était pas prêts le 2 premières fois, mais la troisième, c’était comme une évidence. D’ailleurs, 3 semaines après qu’on se soit mis ensembles, je me suis faite tatouée son prénom sous un de mes  tatoo. Lui, il y passait 3 mois plus tard et se faisait tatouer « once upon a time » (il était une fois) pour marquer le début d’un conte de fée, notre histoire... Je vous présente ce super tatouage




Je dois avouer que je ne sais pas toujours « gérer » notre couple et tout ce que la vie à deux implique ; je suis une enfant au niveau sentimental sans aucune expérience réelle de vie commune. Avec ma grossesse en plus j’ai les nerfs à vifs et pleins de petits détails viennent m’asticoter l’humeur et ça m’embête parce que franchement,… Je l’aime vachement beaucoup mon mec à moi. Mais impossible de me retenir.

Enfin, je voulais vous dire que si je suis là aujourd’hui pour témoigner, c’est grâce à lui . je pense que je serais en vie, certes, mais dans quel état ? Je venais de sauter de ce pont (lire cette histoire), j’en avais plus rien à foutre de rien, je me trouvais nulle, moche, inutile,… Rien n’avait d’intérêt à part me défoncer la gueule pour oublier ce vide. Et lui, il est arrivé avec son calme, sa patience, sa douceur… Il m’a prise par la main, me donnait tout, me soutenait… Pour la première fois de ma vie quelqu’un avait réellement confiance en moi, moi qui étais au fond du trou. Voilà comment et grâce à qui je suis passée de l’état d’un zombi à celui d’un être vivant faisant (presque) face aux petits soucis de la vie et surtout à moi-même. Je ne m’assume pas complètement encore, mais il ne peut pas tout faire à ma place, et je sais qu’il est là en cas de pépins, de blues,… même quand je suis la plus des exécrables des femmes.

Lundi 24 octobre 2005

Ridicule,… parfaitement ridicule voilà ce que je suis. J’ai des larmes qui coulent sans vraiment savoir pourquoi. Tellement de gens ont des raisons d’être tristes et moi je me morfond sur moi-même alors que tout va bien dans ma vie. Je vis confortablement, j’ai un chéri qui m’aime, que j’aime, je vais avoir ma fille dans mes bras d’ici trois semaines et pourtant je pleure. Complètement lamentable. Certains mettront ça sur le dos de la fatigue ou de mes hormones perturbées, moi je sais pas ce que c’est… Je me sens tellement inutile et bonne à rien.

Alors pour remédier à cet état, j’ai décidé de ranger un peu, pas franchement folichon comme occupation, mais ça reste une occupation ; je pensais réussir à ne plus penser. Je suis tombée sur une lettre de Julien.

Julien… élément perturbateur de mon psyché. Voilà plus d’un an qu’il est passé sous un train. Nous n’étions pas vraiment ensemble, peut être étions nous juste amoureux, peut être juste amis. En tout cas rien de cela n’a pu le sauver. Il est passé me voir quelques heures avant son suicide, et moi je n’ai rien vu venir. Nous avions fait une tentative de suicide ensemble quelques mois au paravent et j’ai eu la prétention de croire que cela me ferait ressentir ses malaises. RIEN. Je m’en veux tellement… Le jour de son enterrement, j’ai voulu le rejoindre, n’étant vraiment pas utile ici bas. J’ai sauté d’un pont de 17 mètres de haut. Je n’ai pas vu ma vie défiler, j’ai entraperçu un soulagement et entendu un « cloc » à l’atterrissage, ce cloc annonçant le seul dégât, une vertèbre cassée.

Bien sur sortir de ça presque indemne, ça fait réfléchir au sens de notre vie (surtout que je n’en étais pas à ma première TS). Alors j’ai continué  à vivoter malgré quelques incidents de parcours (scarifs, défonce,…).

Aujourd’hui je me sens plus utile à mon copain que ce que je l’ai été à Julien, et pourtant je suis parfois si vide…

Je redoute l’avenir de ma fille avec une mère comme moi qui ne sait pas se contenter de beaucoup. Est-ce que je vais réussir à la rendre heureuse ? Comment gérer un petit bout alors qu’on ne sait à peine faire face à des coups de blues si insignifiants ?

 

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