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Mercredi 11 janvier 2006

J’ai eu beaucoup de mal à admettre que des gens pouvaient être méchant par plaisir, ou adopter la méchanceté comme « philosophie de vie ». Plus je sortais de ma torpeur, plus je me rendais compte que ma mère fait partie de cette catégorie ; une prise de conscience douloureuse.

Toute mon enfance et mon adolescence, j’ai considéré ma mère comme l’être suprême…

En 2004, j’ai complètement dégoupillé et je me scarifiais les bras tant que je pouvais, alors ma mère a décidé de venir chez moi pour me venir en aide ; c’est à cette époque qu’elle m’a fait hospitaliser de force (et là ce n’est pas un point que je désapprouve !). Ayant quitté le domicile conjugal, mon père a profité de cette occasion pour se défaire de l’emprise de cette femme en lui demandant de ne pas revenir à la maison ; elle est donc restée chez moi-même après ma sortie de l’hôpital.

Elle s’occupait de tout chez moi : lessive, bouffe, un peu de ménage (pas trop, ça n’a jamais été son truc)… Ca a duré comme ça de Janvier jusqu’à Aout. J’ai rencontré mon chéri en Aout et il est venu s’installer à l’appart. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est à ce moment là que mes yeux se sont ouverts et que je me suis rendue compte du manège de ma mère. Dés que l’occasion se présentait, elle me diminuait, me parlait mal, me tournait en dérision… et tout était mis sur le compte de mes « incapacités » et/ou de l’humour ! Elle se valorisait en me descendant en flèche. Alors j’ai fini par lui demander de quitter mon appartement. L’élément déclenchant de cette décision est bizarre ; en fait elle s’est mise en couple avec la personne que je fréquentais avant chéri actuel. Je ne comprends pas pourquoi c’est ça qui m’a permis d’avoir le courage, je sais seulement que son acte ma renvoyé cette image « tu vois je suis aussi bien que toi sinon mieux malgré nos 27 ans d’écart ».

Ma décision a été très pénible à prendre et cela a entraîné une autre hospitalisation, mais en fin de compte, quel soulagement,…

Quelques mois plus tard, mon amoureux et moi avons quitté cette ville, j’ai réappris à vivre, je reprenais conscience des choses peu à peu… Ma grossesse a entrainé beaucoup de réflexions sur ma mère ; mes bons rapports avec ma sœur également. Nous évoquions ensemble le fait que notre mère boive, les fois (rares mais présentes) où, complètement ivre, elle s’est acharnée sur moi, la colère qu’elle éprouvait contre ma sœur et mon père,… et ma non réaction face à toutes cette rancœur et violence, au contraire… Je suis toujours allée dans son sens. Il ne fallait pas que je parle à ma sœur ou mon père car ils « étaient méchants ou bêtes », il fallait que je la défende contre eux,… J’ai été manipulée pendant 25 ans, je n’ai pas apprécié mon père et je lui en voulais quand il me disait que ma mère était alcoolique… J’ai l’impression d’avoir eu des œillères très très longtemps, et la prise de conscience a été dure. J’ai causé tellement de peine, j’ai rejeté ma sœur parce que ma mère voulait que je la rejette, j’acquiesçais quand ma mère me disait que ma sœur était stupide (et elle ne l’est pas, elle a son caractère c’est tout).

Alors certes c’est bien de prendre conscience de tout ça mais mes erreurs sont dures à récupérer (surtout avec mon père) ; par ailleurs, il m’est aujourd’hui de dire à ma mère ce que je pense (tu me fais chier) ou de lui dire non. J’ai réussi récemment à m’opposer à elle : nous devions nous voir avec Ambre mais chéri et moi ne voulions pas aller chez elle car elle fume comme un pompier, ses murs sont imprégnés de tabac ; nous ne fumons pas chez nous, ce n’est pas pour exposer Ambre à la fumée des autres. Nous avons donc proposé à ma mère de nous rencontrer dans une cafet’ non fumeur (refus), chez ma belle famille (refus) ; elle proposait d’aérer chez elle, de laisser ma fille dans la chambre et que nous nous discutions (et fumions) dans le salon. Je n’ai pas voulu et elle m’a répondu « mais tu vas pas devenir conne, t’as qu’à lui mettre un masque pour sortir tant que tu y es ; de toute façon tu as fumé pendant ta grossesse, c’est n’importe quoi ce que tu racontes,… ». Morale de l’histoire, nous ne nous sommes pas vues et en réponse elle a invité » ma sœur et sa fille chez elle (première fois depuis qu’elle vit seule dans son appart, c'est-à-dire un an et demi). Voilà le style de ma mère, c’est pas pour faire plaisir à ma frangine, c’est pour faire chier. Peu importe, dans cette histoire, je protège ma fille et j’ai su rester ferme (évidemment ça m’a foutu un mal de bide pas possible). Bref, je pourrais écrire des pages sur ma mère avec des mots tels que terrorisante, bornée, chiante, manipulatrice, mais je crois que vous avez compris alors je m’arrête là.

Par emmy - Publié dans : analyse
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