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Lundi 24 octobre 2005

Ridicule,… parfaitement ridicule voilà ce que je suis. J’ai des larmes qui coulent sans vraiment savoir pourquoi. Tellement de gens ont des raisons d’être tristes et moi je me morfond sur moi-même alors que tout va bien dans ma vie. Je vis confortablement, j’ai un chéri qui m’aime, que j’aime, je vais avoir ma fille dans mes bras d’ici trois semaines et pourtant je pleure. Complètement lamentable. Certains mettront ça sur le dos de la fatigue ou de mes hormones perturbées, moi je sais pas ce que c’est… Je me sens tellement inutile et bonne à rien.

Alors pour remédier à cet état, j’ai décidé de ranger un peu, pas franchement folichon comme occupation, mais ça reste une occupation ; je pensais réussir à ne plus penser. Je suis tombée sur une lettre de Julien.

Julien… élément perturbateur de mon psyché. Voilà plus d’un an qu’il est passé sous un train. Nous n’étions pas vraiment ensemble, peut être étions nous juste amoureux, peut être juste amis. En tout cas rien de cela n’a pu le sauver. Il est passé me voir quelques heures avant son suicide, et moi je n’ai rien vu venir. Nous avions fait une tentative de suicide ensemble quelques mois au paravent et j’ai eu la prétention de croire que cela me ferait ressentir ses malaises. RIEN. Je m’en veux tellement… Le jour de son enterrement, j’ai voulu le rejoindre, n’étant vraiment pas utile ici bas. J’ai sauté d’un pont de 17 mètres de haut. Je n’ai pas vu ma vie défiler, j’ai entraperçu un soulagement et entendu un « cloc » à l’atterrissage, ce cloc annonçant le seul dégât, une vertèbre cassée.

Bien sur sortir de ça presque indemne, ça fait réfléchir au sens de notre vie (surtout que je n’en étais pas à ma première TS). Alors j’ai continué  à vivoter malgré quelques incidents de parcours (scarifs, défonce,…).

Aujourd’hui je me sens plus utile à mon copain que ce que je l’ai été à Julien, et pourtant je suis parfois si vide…

Je redoute l’avenir de ma fille avec une mère comme moi qui ne sait pas se contenter de beaucoup. Est-ce que je vais réussir à la rendre heureuse ? Comment gérer un petit bout alors qu’on ne sait à peine faire face à des coups de blues si insignifiants ?

par emmy publié dans : analyse
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Commentaires

tu sais ma belle, les coups de blues quand on est finalement maman, ils sont vraiment différents... on voit la vie d'une autre façon, on se dit que si on ne peut pas se rendre heureux nous-même, au moins notre enfant va l'être, alors on s'archarne sur le bonheur de nos enfants...

je ne sais pas trop quoi d'autre te dire... peut-être que justement, j'en ai trop à dire! lol
commentaire n° : 1 posté par : Ninny (site web) le: 24/10/2005 23:24:34
... je pense aussi qu'une fois qu'on devient maman, on est tellement heureux d'avoir son bébé dans le bras et de lui apprendre à vivre, à sourire, à pleurer, à aimer, qu'on veut, sois-m^eme, dépasser ses propres faiblesses, pour mieux lui ^etre un soutien... pour lui et pour nous... au moins, je l'espère !! tu me diras...:)
commentaire n° : 2 posté par : eva (site web) le: 04/12/2005 23:36:24

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