Pour ceux qui n'auraient pas lu le premier chapitre, voici un résumé: Maya, jeune étudiante en école d'art prépare une manifestation contre l'interdiction des peintures qui prennent vie.Pour lire le chapitre cliquez làChapitre II: l'origine de la passion
La première fois que Maya avait vu une œuvre prendre vie, c’était à l’Alhambra après sa rénovation ; celle-ci avait consisté à appliquer cette nouvelle sorte de peinture, peinture utilisée alors pour la première fois. A peine la jeune fille eu-t-elle posé les yeux sur le mur, les couleurs des mosaïques se précipitèrent sur elle et se mirent à danser autour d’elle. Maya fut stupéfaite par ce moment de magie. Elle avait 10 ans et ce jour là elle comprit qu’elle serait une artiste.
Depuis cette date, elle avait saisi que la naissance de l’œuvre se faisait grâce au spectateur, ou plutôt grâce à l’onde émise par son regard. Ainsi chacun voyait un spectacle différent selon qu’il regardait ici ou là.
Beaucoup de peintres adoptèrent ce nouveau matériel, l’étudièrent et en firent surgir des techniques. Ainsi de la « simple » ronde de couleur, on était passé à un lion qui surgit de la toile, puis à des scènes plus élaborées où des pantins d’acrylique pique-niquaient au bord de l’eau.
Toutes les illusions étaient possibles.
Pour les peintres, ce n’était plus seulement de la peinture, c’était aussi des mathématiques (calculs des angles de vue, etc.), de l’écriture de scénarii, de la mise en scène,… Bref, un art complet.
Plus les années passaient et plus ces œuvres se répandaient.
Lorsqu’à 15 ans Maya du faire le choix d’une orientation, elle n’hésita pas. Elle quitta Séville et partit à Cordoue, à l’Ecole Nationale d’Arts Plastiques. Ses parents ne purent pas déménager car ils auraient été trop éloignés de leur lieu de travail. Pablo, son grand frère de 20 ans son aîné, ne put se résigner à la laisser partir seule et l’accompagna réaliser son rêve « dingo » comme il disait tout le temps.
Ils dénichèrent un joli chalet au bord d’un lac, à 5 km de Cordoue. Maya était très heureuse d’être si proche de l’Alhambra, qui malgré une technique de peinture animée peu avancée, restée la source de sa vocation.
Par une heureuse coïncidence, Pablo fut employé comme gardien de l’Alhambra. A force de fréquenter ces lieux, il finit par comprendre le choix de sa petite sœur.
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